Le droit à l’erreur

La justice française est célèbre pour son laxisme sur les affaires de mœurs et pour son caractère impitoyable envers le citoyen normal.

Dès lors, pourquoi est-ce que je ne pardonne pas à mon IA quand elle se trompe ? 

Quand un collègue se trompe, je lui pardonne, l’erreur est humaine dit-on.

Mais l’erreur non humaine, peut-on la pardonner ? et est-ce que ça a un sens de pardonner à une machine dépourvue d’âme, qui obéit à un programme ? 

Je peux pardonner à quelqu’un qui se trompe de bonne foi, je peux comprendre que sur un site on donne des informations qui soient fausses car dans les commentaires les personnes ne sont pas des spécialistes et peuvent se tromper. 

Mais j’ai le tort d’idéaliser l’IA et de la considérer comme une parole de Vérité. 

Or elle est entraînée par des algorithmes et des bases de connaissances biaisées (certains gouvernements pourraient être tentés de corrompre les IA pour rendre ces outils plus attrayants à leur égard). De plus, elle réagit par probabilité informatique, alors qu’un être humain réagit par rapport à ses connaissances : l’humain ne pense généralement pas en probabilité mais en expérience et en savoir. Il peut utiliser les probabilités lorsqu’il extrapole, lorsqu’il atteint la frontière de ses connaissances.

Mais les probabilités sont le cœur battant de l’IA. 

Je dois apprendre à accepter les spécificités de cet outil, qui ressemble à un moteur de recherche enrichi de phrases communes pour simuler une conversation. Cela permet un échange constructif et lui permet de mieux comprendre le besoin. A partir de là elle déploie sa pleine capacité. En revanche, cet échange peut aussi être utilisé par certaines applications pour simuler un comportement humain. 

En somme, l’IA a aussi le droit à l’erreur… algorithmique.

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